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jeudi 14 mars 2019

Wilhelm Hammershoi (1864-1916)

Du 14 mars au 22 juillet 2019, le Musée Jacquemart-André rend hommage à ce grand peintre danois :




  
Wilhelm Hammershoi (1864-1916): Ida reading a letter
Wilhelm Hammershoi (1864-1916): Nude
Laissons Camille Brunet exprimer ainsi ce que ce grand peintre danois a apporté à la peinture européenne:

« Figure majeure  de l'art danois du XIXe siècle et auteur prolifique de 380 peintures et dessins, Wilhelm Hammershøi est pourtant inclassable. Sa maîtrise de la lumière lui a valu le surnom de "Vermeer moderne des pays du Nord" ; son traitement des intérieurs vides annonce Edward Hopper ; mais, sur la scène européenne de son temps, la mélancolie de ses toiles et le choix de sujets apparemment dénués de toute narration ne semblent trouver d'écho chez aucun autre artiste.»
Après le Musée d'Orsay en 1998, la Royal Academy de Londres en 2008, c’est le  Statens Museum for Kunst de Copenhague qui lui rendit hommage en 2012. 
Aujourd’hui, il est légitime de donner à ce peintre une place de choix parmi les maîtres incontestés de la peinture européenne.

Wilhelm Hammershoi (1864-1916)

Wilhelm Hammershoi (1864-1916)


Wilhelm Hammershoi (1864-1916)

Wilhelm Hammershoi (1864-1916) : Fredericke Hammershoi, la mère de l'artiste


mardi 22 janvier 2019

Delacroix


En 2018, du 29 mars au 23 juillet, Le Louvre (et le Metropolitan Museum of Art) ont rassemblé et exposé sous les projecteurs une partie de l'oeuvre d'Eugène Delacroix en 180 tableaux, dont le très emblématique et magnifique "La liberté guidant le peuple" tableau qui n'a pas encore fini de galvaniser les âmes et d'agiter les rues comme aujourd'hui à Paris et en Province!
Le tableau est à nouveau exposé au Louvre après l'avoir été  à Lens de 2011 à 2013


La liberté guidant le peuple
Mais la peinture de Delacroix est aussi bien autre chose étant donné l'exactitude de son dessin et la flamboyance de ses couleurs.
L'exposition du Louvre a d'ailleurs présenté et analysé l'oeuvre du peintre en 3 périodes successives distinctes:

1/la conquête du milieu pictural et de son impact (1820-1826)
2/les grands décors muraux (1827-1845)
3/l'ouverture au paysage et retour aux scènes plus intimistes (après 1846)

Quant à lui, le Musée des Augustins de Toulouse possède un unique tableau d'Eugène Delacroix: le monumental "Muley Abd-ar-Raman, sultan du Maroc..."  caractéristique de la 2ème période qui mériterait par sa taille et sa beauté une salle d'exposition à lui tout seul.
Si ce tableau illustre bien la période charnière n°2 dans l'oeuvre du grand peintre, il ne suffit pas lui non plus à caractériser à lui tout seul l'oeuvre extraordinaire d'Eugène Delacroix. Oeuvre qui se trouve aujourd'hui être à nouveau dispersée pour la France en plus de 35 musées différents  (sans toutefois tenir compte des tableaux conservés à l'étranger)

Alors où peut-on voir et revoir aujourd'hui les principaux tableaux de Delacroix? 
Muley Abd-ar-Raman, sultan du Maroc.(1845)


Paris, Musée du Louvre: La barque de Dante (1822)
                                        Scènes des massacres de Scio (1824) 
                                        La mort de Sardanapale (1827-1828)
                                        La liberté guidant le peuple (1830)
                                        Femmes d'Alger (1834) 
                                        Noces juives à Tanger (1837-1841)
                                        
Lyon, Musée des Bx Arts : Femme caressant un perroquet (1824)

Toulouse, Les Augustins : Muley Abd-ar-Raman... (1845)

Montpellier, Musée Fabre : Michel-Ange dans son atelier (1849-1850)

mardi 14 juin 2016

Diego Velazquez (1599 Seville-1660 Madrid) et Edouard Manet (Paris 1832- Paris1883)


Velazquez:    le marchand d'eau de Seville (1620)


Manet : le Fifre (1866)
 


  
Je vous propose de faire ici  un (court) parallèle entre ces deux grands peintres européens, afin de mettre en lumière ce qui les rapproche, même s’il est évident que Velazquez  garde sur Manet l’avantage de l’antériorité .

Les deux artistes sont nés dans une famille aisée et cultivée de deux pays d’Europe, mais à plus de deux siècles d’intervalle. Tous deux ont eu accès pendant leurs jeunes années à la meilleure peinture des artistes peintres des siècles antérieurs, notamment italiens comme Raphaël, Michel-Ange ou Caravage.

Si Diégo Velazquez fut poussé par son père dés 1612 dans les ateliers des artistes espagnols Herrera et Pacheco, ce n’est pas le cas d’Edouard Manet dont la vocation d’artiste peintre fut contrariée par son père. Ce n’est qu’à l’âge de 18 ans révolus qu’ Edouard put enfin fréquenter l’atelier très « académique » de Thomas Couture,  atelier qu’il n’eut de cesse de quitter par la suite pour imposer sa propre vision d’une peinture « naturaliste ». 

Velazquez connait la célébrité dés ses 18 ans avec des scènes réalistes de cabaret ou « bodegones », genre alors très en vogue dans l’Europe du début du XVIIème siècle. En effet l’église réformée hollandaise est alors opposée à toute représentation humaine dans les édifices religieux, et cette opposition freine alors la diffusion des peintures religieuses ou mythologiques hors des églises. Les « bodegones » se doivent représenter de manière très réaliste et même laïque les personnages et les objets qui les entourent. Ces objets (cruches, vaisselles, cuivres, fruits…) doivent être reproduits à la perfection dans la pure tradition hollandaise ou flamande de la « nature morte ».
Devenu très vite un excellent peintre et un fidèle portraitiste, Velazquez  est engagé dés 1623 à Madrid au service du roi d’Espagne Philippe IV, (dont il réalisera par la suite les nombreux portraits officiels). Il meurt à Madrid à l’âge de 61 ans en pleine gloire, après avoir mené une vie assez régulière. ( à signaler toutefois quelques rencontres dont celle de Rubens à l'Escurial en 1628 et  quelques voyages  initiatiques dont un séjour de plus d'un an en Italie, en 1629/1630).

Manet s’intéresse très progressivement à la peinture espagnole et notamment à celle de Velazquez et de Goya au fur et à mesure de ses découvertes personnelles (visites régulières des tableaux de l’Ecole Espagnole du Louvre,  voyage à Madrid de 1865, découverte de l'exposition publique des collections impériales espagnoles … ) . Les traditions et la musique d’Espagne sont alors très en vogue à la cour de Napoléon III et d’Eugénie Montijo.
Manet s’inspire notamment  des scènes de cabaret et des portraits réalistes de Velazquez , en les transposant au XIX ème siècle, et  il ne néglige pas de représenter dans un coin de ses toiles quelques objets léchés de nature morte chers à Velazquez. Mais il se gardera bien de représenter des portraits de cour académique, laissant ce travail à Meissonier ou à Couture ! Il s’inspire aussi des scènes de guerre de Goya pour son tableau « l’exécution de l’empereur Maximilien » et s'inspire de la « Maja Nue »  du peintre espagnol pour créer son Olympia.
Après avoir traversé un demi-siècle des plus agités sur le plan sentimental et politique,  habitué des scandales à répetitions que suscite sa peinture novatrice (salon des refusés), Manet ne connaitra le succès qu’à la fin de sa vie.
Si l’on peut affirmer que  Manet s’est fortement inspiré du dessin et de la technique de Velazquez, il a su se libérer de l’influence du maître espagnol, en simplifiant et en épurant ses portraits et ses compositions, en vivifiant les couleurs de sa palette, en renonçant notamment aux tons bruns foncés omniprésents chez Velazquez, mais surtout en s’éloignant définitivement des séries de portraits officiels chers au peintre espagnol.


Chacun en son temps a su faire évoluer de façon immense et novatrice la peinture européenne, enfin la peinture universelle.
   
   
l’exécution de l’empereur Maximilien -1868
voir le tableau de Goya ci-après

mercredi 1 juin 2016

Francisco Goya (1746 Saragosse-1828 Bordeaux)

Pendant les premières années de sa carrière de peintre à Saragosse, en Italie (1770/1771) puis à Madrid à la cour de Charles III (1786/1792), Goya exécute ses toiles dans un style rococo espagnol, (alors très en vogue dans la haute société) directement influencé par les styles rococo italien et français.


Francisco Goya : autoportrait- Musée d'Agen

En 1792, suite à une très grave maladie, Goya devient complètement sourd. Son style et ses thèmes de peinture changent alors radicalement.
Il "entend" dorénavant "fustiger les vices et les erreurs humaines", en illustrant de façon dramatique ses gravures et ses tableaux, dont les plus significatifs sont les "peintures noires" de la Quinta el Sordo à Madrid.


Francisco Goya: les fusillades du 3 mai (1814) Madrid:Musée du Prado
En 1815 Goya doit alors quitter  l'Espagne sous la pression de la Restauration et s'installe à Bordeaux où il décède en 1828. 
Il reste un très grand analyste et un génial révélateur des turpitudes et des trivialités de la nature humaine.

dimanche 25 mai 2014

Turner, mais aussi Reynolds et Constable



J.M.W. Turner: the burning of the Houses of Parliament (1835)
Cleveland Museum of Art

Trois peintres anglais ont durablement marqué la peinture européenne au tournant du XVIIIème et XIXème siècle:

Joshua Reynolds (1732 Plymton-1792 Londres) entreprend dans sa jeunesse plusieurs voyages en Europe qui le mènent à Lisbonne, Alger et Rome où il est fortement impressionné par la peinture de Raphaël et de Michel-Ange. Il visite ensuite Florence, Parme, Venise et Paris. En 1753 à son retour, il  s'installe et travaille à Londres.
En 1768 il fonde la "Royal Academy" , institution destinée à promouvoir une peinture de qualité, de genre historique et d'une grande maîtrise picturale. Dans ce cadre académique, Reynolds anime des ateliers où il dispense ses leçons de peinture et organise des expositions et des remises de prix annuelles accompagnées de "Discours".
Il  exécute alors essentiellement des portraits de personnalités de l'époque, selon le  genre du "portrait académique" qu'il place par sa noblesse d'exécution bien au dessus des paysages et des natures mortes. Il délivre d'ailleurs dans ses "Discours"ses réflexions théoriques sur cette peinture ambitieuse qui trouve une  justification dans la réalisation d'œuvres exigeantes censées élever l'âme et les sentiments.
En 1781, il voyage à nouveau mais cette fois-ci en Flandres où il étudie l'œuvre et la facture de Rubens.
Par sa vision idéalisée de la peinture, il préfigure la peinture romantique qui s'épanouira quelques années plus tard en Europe avec des artistes comme David, Ingres ou Gérome.


Joseph Turner (1775 Londres-1851 Londres), suit dés l'âge de 14 ans, les cours de la "Royal Academy" fondée par Joshua Reynolds. Dés 1796 il acquiert la célébrité en exposant à Londres des toiles de style néo-classique à la manière de Poussin.
Il voyage, lui aussi en France, Flandres, Hollande, Allemagne. Il visite le musée du Louvre, récemment ouvert au public,  où il étudie les maîtres anciens et Claude Le Lorrain.
Ses voyages en Italie de 1819 et 1829 vont l'amener progressivement à modifier sa peinture en privilégiant la lumière et certaines couleurs au détriment du dessin et de la forme.
La peinture de Turner, à fort contenu symbolique,  s'éloigne de la représentation fidèle du réel et tente de représenter dans le paysage, les forces fantastiques de la Nature.


John Constable (1776 Suffolk-1837 Londres) est dés son enfance, plongé dans le monde rural du Suffolk, où la nature et les paysages ont plus d'importance que les personnages.
Ce n'est d'ailleurs qu'en 1799 qu' il 'est admis à  la "Royal Academy"  de Londres où il exécute de lumineux paysages à la manière de Ruisdael.
En 1819, il entreprend lui aussi, un voyage en Italie qui l'amène à visiter les musées et les églises de Venise et de Rome. 
En 1824, il connait un formidable succès à Paris où il obtient la médaille d'or au Salon pour l'un de ses paysages. 
La peinture de Constable aura une  très grande influence sur la peinture française du XIXème siècle, notamment sur celle de Daubigny.

mardi 1 avril 2014

Jack Butler Yeats (1871 Londres-1957 Dublin

A défaut de vous parler de ce maître irlandais de l'Expressionnisme, car je n'ai pas obtenu l'autorisation du Musée de Dublin de publier gratuitement un de ses tableaux dans ce blog, je vous citerai un autre peintre iralandais  réaliste, plus ancien et plus désuet, mais dont l'oeuvre est aujourd'ui dans le domaine public: August Nicholas Burke (1838-1891).



dimanche 12 janvier 2014

Anton Laurids Dorph (Horsens 1831-Copenhagen 1914)

Anton Dorph fait partie de l'Ecole Danoise de la fin du IXXème siècle, tout comme Wilhelm Hammershoi (1864-1916), son "dauphin" en quelque sorte.


                         Anton Laurids Dorph: Portrait d'un jeune pécheur avec une casquette
                                                  Crédit photo: A. Leprince

Dans ce portrait expressif, Anton Dorph ne nous renseigne pas précisément sur l'age du jeune garçon, mais sur sa douleur intérieure.
Cet enfant pourrait en effet avoir entre 5 et 7 ans, à en juger la rondeur de ses joues et l'étroitesse de ses épaules, mais il est peut-être plus agé et malheureux. Son regard plein d'inquiétrude, le cerne de ses yeux,  expriment avec beaucoup de réalisme une réelle souffrance et une profonde tristesse. 



mardi 31 décembre 2013

Ilia Repine (Ukraine 1844-Kuokkala (Finlande) 1930)

Ilia Repine a commencé comme il se devait, par peindre des icônes en Ukraine.
De 1864 à 1871 il suit les cours de l' Académie des Beaux-Arts de St Petersbourg


En 1873, il expose à Vienne "les Bateliers de la Volga", toile aujourd'hui conservée au musée Russe de St Petersbourg.

Ilia Répine: les Bateliers de la Volga- Musée Russe de St Petersbourg

De 1873 à 1876, Répine visite l'Italie et la France, grâce à une bourse d'études.
De 1877 à 1882, il séjourne à Moscou avant de rentrer à St Petersbourg où il devient professeur puis directeur de l'Académie. 
Suivent de nombreux voyages en Europe: Italie, France, Allemagne, Angleterre, Suisse...


 
Ilia Répine : Autoportrait de 1878

En 1900, il est membre du jury de l'exposition universelle de Paris.
En 1917 il se retire définitivement dans sa propriété "les pénates" de Kuokkala, ville qui devient alors partie intégrante de la Finlande, mais qui est redevenue russe aujourd'hui sous le nom de Repino.

Ilia Répine fut un excellent portraitiste et un artiste infatigable.
Certainement influencé par Courbet et les impressionnistes et par ses nombreux voyages en Europe, il a su réaliser en son temps, une synthèse étonnante de l'art russe et de l'art occidental.

vendredi 6 décembre 2013

La peinture polonaise de l'Art Néoclassique à l'Art Moderne


La peinture polonaise est particulièrement méconnue en France. Elle est davantage connue ailleurs en Europe et aux Etats-Unis.
Et pourtant, pendant prés de 2 siècles, de nombreux  artistes polonais sont venus à Paris ou en France pour y rencontrer d'autres artistes, y travailler,  exposer et parfois y mourir. Il est grand temps, à mon avis  de mieux faire connaitre leurs parcours et leurs peintures.
                                       
                                                
                                      
                                                                        Piotr Michalowski
                                         

Ayant assisté enfant à l'entrée dans Cracovie du Maréchal Poniatowski et des armées napoléoniennes, Michalowski resta sa vie durant, un grand admirateur de Napoléon 1er. 

Contraint de quitter la Pologne, après l'insurrection de 1830,  il s'exila en France où il se rapprocha de Géricault et Delacroix. 
Il s'est surtout attaché à étudier et peindre des chevaux,  et à reconstituer et peindre des scènes de batailles militaires.




Joseph-Maria Chelmonski: l'envol des cigognes



 Wojciech Kossak a été professeur des Beaux-Arts de Varsovie.

Jozef Pankiewicz travaille d'abord à St Petersbourg, puis à Paris où il se lie d'amitié avec Pierre Bonnard qui l'influence par  ses recherches sur la couleur et les courants postimpressionnistes. Il intègre ensuite le fauvisme après un voyage coloré en Espagne. De retour à Cracovie comme professeur à l'Ecole des Beaux-Arts, il encourage alors son élève Moïse Kisling à venir lui aussi travailler à Paris. 
  
 

        Boleslaw Biegas               Louis Marcoussis   
    



Récapitulatif chronologique des artistes  (courant artistique, filiation)   

Michalowski              1800-1855       Cracovie

Matejko                       1838-1893       Cracovie
            
Chelmonski                1849-1914

Kossak  Wojciech       1856-1942      Paris-Cracovie

Styka                           1858-1925

Boznanska                  1865-1940

Pankiewicz   Jozef   1866-1940       Lublin-La Ciotat (fauvisme)

Klossowski Erich        1875-1949     Ragnit-Sanary (père de Balthus)

Biegas                        1877-1954     Cracovie-Paris

Marcoussis                 1878-1941

Kisling   Moïse          1891-1953     Cracovie-Sanary (Ecole de Paris)

Mucha  Willy             1905-1995   Varsovie-Paris    ("Ecole" de Collioure)


samedi 31 août 2013

Romantisme

en préparation:

Géricault
Ingres
Delacroix
Corot
Daumier
Courbet
Friedrich
Runge
Constable
Turner