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vendredi 24 mai 2019

la peinture de dévotion


L'origine des peintures de dévotion est très lointaine, déjà dans l'Antiquité, les habitations, les temples et les tombeaux étaient la plus-part du temps ornés de peintures religieuses comme en ancienne Egypte ou mythologiques comme plus tard en Grèce ou à Rome...Ces premières peintures de dévotion faisaient alors office de livres d'images et d'enseignement, comme ce fut le cas aussi pour de nombreuses autres peintures de dévotion pendant plusieurs siècles en Europe.

En France et en Espagne, c'est pendant la période romane (11ème au 13ème siècle), que les églises se couvrirent de fresques de dévotion, comme en témoigne encore aujourd'hui l'église troglodyte de Vals en Ariège.


Résultat de recherche d'images pour "fresques romanes"
L'annonciation: fresque de l'église de Vals en Ariège 11ème siècle

Pendant la Renaissance italienne (du 14ème au 16ème siècle), de nombreux artistes: Botticelli, Raphaël, Michel-Ange, Léonard de Vinci...,  encouragés et "sponsorisés" par l'Eglise Catholique et les Princes de Florence ou de Milan, ont produit de nombreuses peintures de dévotion pour orner de fresques et de tableaux les églises et les palais. Ces artistes d'Italie furent bientôt suivis en  Europe par d'autres artistes locaux mais voyageurs: notamment Mathis Grünewald actif de 1503 à 1524 en Flandres et en Allemagne, et  Benjamin Quarton actif dans le sud de la France pendant cette période et à qui l'on doit "le couronnement de la Vierge (1453-1454)" exposé aujourd'hui à Villeneuve-lez-Avignon.



Quelques peintures de dévotion exposées au Musée de 
Villeneuve-lez-Avignon (XVème et  XVIIème)


Pieta (1495) Sandro Botticelli


La peinture de dévotion a continué de produire jusqu'à aujourd'hui de nombreux chefs-d'oeuvre qui ornent toujours les églises (et les musées!).
Cette thématique reste très vivante dans les pays orthodoxes comme la Grèce ou la Russie où les icônes soigneusement préservées dans les iconostases, continuent d'être respectées et vénérées, par l'ensemble de leurs populations.

Et dommage pour les iconoclastes de tous poils qui ne veulent toujours rien voir en peinture!

mercredi 1 janvier 2014

évolution du "portrait" en peinture

Très peu de portraits peints dans l'Antiquité (fresques et portraits funéraires souvent en mauvais état de conservation pour la plupart) sont parvenus jusqu'à nous .
Dans l'Empire Byzantin des VIIIème et IXème siècles, l'iconoclasme fut une doctrine qui prohibait toute représentation et vénération des images du Christ et des Saints. Cette doctrine fut rejetée par l'impératrice Théodora en l'an 843. 
Commandités par l'église orthodoxe, les peintres byzantins des Xème et XIème siècles, développèrent alors un genre de portrait figuratif de dévotion. Ces premiers portraits de personnages religieux ou bibliques (Marie et son enfant, évangélistes,  patriarches) peints sur panneaux de bois doré ou icones garnissent toujours les iconostases des lieux de culte orthodoxes. Cette iconographie  influença beaucoup par la suite la peinture d'église et les enluminures du Moyen-Age, grâce aux échanges commerciaux de Venise avec Constantinople.
Au XIIème siècle, on nomme pour la première fois "portraits" (venant du bas-latin "portrare" signifiant "dessiner") ces représentations de personnages religieux souvent richement vêtus qui utilisent l'or, l'argent et de précieux pigments comme le lapis lazuli dans les formulations de peintures.
Au Quadrocento (ou XVème siècle), le portrait laïque se développe à Venise, Florence et Rome, mais aussi en Europe du Nord. Il s'agit pour le commanditaire, prince, banquier, commerçant ou mécène,  de se faire connaître au plus grand nombre sous son meilleur aspect. Le peintre est alors chargé de représenter le statut social du commanditaire, en imposant la stature du personnage, rehaussé souvent sur une estrade, en évoquant la richesse des bijoux, vêtements, fourrures et soieries, et où la virtuosité fait illusion sur la matière.




Catherine d'Aragon par Michel Sittow

Puis le portrait prend plus de liberté et de vérité en insistant sur la physionomie ou la laideur du personnage, et en allant parfois jusqu'à la fantaisie, l'allégorie, ou la caricature. Giuseppe Arcimboldo (Milan 1527- Milan 1593) est l'auteur de portraits de fantaisie composés de fleurs, de fruits et de poissons.
Dans la seconde moitié du XVIème siècle, le peintre accentue  encore la véracité, la proximité et l'humanité du personnage en tournant son regard vers le spectateur. François Clouet et Corneille de Lyon(originaire de La Haye aux Pays-Bas) deviendront célèbres pour le réalisme des portraits  de François 1er et d'Henri II.  Philippe de Champaigne a peint ce portrait austère d'un notable bienveillant avec les attributs de son érudition. 


                                                   Philippe de Champaigne (1602-1674): Etienne Delafons
                                                                       crédit photo Musée d'Agen

Au XVII ème siècle Jordaens, Frans Hals, Vermeer de Delft hisseront le portrait à son apogée :
 
                                         
 
Puis le portrait devient autoportrait quand le peintre gère sa propre communication. La vogue des autoportraits commence surtout avec Albrecht Dürer, puis Rembrandt et Van Dijk...Presque tous les peintres laisseront des autoportraits.
Francisco Goya se peindra plus de 30 fois.


                               
Autoportrait de Francisco Goya (peinture de 1783)

crédit photo: Musée d'Agen


Au XVIIIème et XIXème siècle le portrait qui était essentiellement aristocratique tendance gravure de mode, évoluera à nouveau et deviendra bourgeois, familial, et  même social.

                            
Portrait de la Baronne de Crussol d’Elisabeth Louise Vigée-Le Brun (1755-1842)                                   « Toulouse, Musée des Augustins » 

                                                                  


Le portrait figuratif "officiel" de monarque ou de chef d'état se perpétuera jusqu'à nos jours, spécialement au Royaume-Uni où le dernier portrait de Kate,  duchesse de Cambridge, ne fait pas l'unanimité.  

    
Avec l'invention de la photographie en 1828 par Nicéphore Nièpce, et l' essor commercial des portraits d'identité des photographes Daguerre et  Nadar, le portrait a du entreprendre une drastique et novatrice mutation pour subsister. Il faudra beaucoup d'imagination et de courage aux artistes et de persuasion aux acteurs des marchés de l'art pour modifier complétement les styles, les formes, la lumière, les couleurs, les touches et la matière.





                                        
Nicolae Grigorescu :  portrait de jeune paysanne
Musée d'Agen-  cliché Thierry-Daniel VIDAL

Kees van Dongen: Femme aux bijoux(1929)
Crédit photo: JM Barrier pour Connaissance des Arts
                     



JF Rancurel: Un portrait de famille (2013)

Reste-t-il encore un avenir pour le portrait en peinture?
A mon humble avis, oui parce qu'aujourd'hui la caricature, la fiction et le fantastique, la couleur et les retouches infographiques (ou non) ne se sont jamais aussi bien portés.

samedi 14 décembre 2013

la peinture de "genre"


Peintures de communication,  exposées de préférence  dans des lieux relativement fréquentés pour être vus (salles de réception ou de bal, hôtels de ville, hospices...) presque toujours de très grand format comme pour mieux interpeller et frapper les esprits. Les thèmes abordés sont extrêmement riches et peuvent varier selon les lieux et les époques. La peinture de "dévotion" est traitée dans un article séparé, comme c'est aussi le cas pour le portrait, le paysage et la nature morte.

-genre mythologique : il se développe beaucoup à la Renaissance, il est caractérisé surtout par une  peinture de nus à vocation érotique, il est également prétexte à afficher la virtuosité des artistes

          

                 L’Humanité avant le déluge de Cornelis Van Haarlem (1562-1638) 
« Toulouse, Musée des Augustins »


-pastorale: genre bucolique et charmant parfois purement platonique selon la "Carte du Tendre" de Madeleine de Scudéry (1607-1701)


                                      Abraham Bloemaert: Angélique et Médor (1620-1630)

                                    copyright Ville de Nice, Photo Muriel ANSSENS  



-peinture de mœurs: à vocation descriptive, distrayante parfois moralisatrice   comme par exemple "le tricheur" de Georges de La Tour (vers 1620-1640), mais aussi quelques décennies plus tard  "Au café dit l'absinthe" de Edgar Degas (1876).















Intérieur de cuisine de Adrian van Utrecht
Musées de Narbonne, ©Jean Lepage

-peinture d'histoire: illustration et mémorisation des grands
événements de l'histoire comme le sacre de Napoléon Ier par David, mais aussi l'affichage des courants et effets de mode avec par exemple le "gothic revival" en Angleterre et les scènes inspirées du Moyen-Age dans la seconde moitié du XIXème siècle en France avec JP Laurens.

-fêtes galantes et divertissements: mises en scène de théâtre ou de cinéma, ces tableaux ont pour vocation essentielles de divertir. On peut citer par exemple les scènes d'auberge des peintres flamands du XVIIème siècle, mais surtout les tableaux Rococo du XVIIIème siècle avec la peinture de Watteau (fêtes champêtres et  musiciens)

-scènes de chasse, militaires ou patriotiques:  panoramas retraçant la topographie des lieux notamment des  champs de bataille, comme ce tableau du peintre polonais Michalowski (1830).



















-scènes orientalistes: invitation au voyages,  catalogue de sites touristiques ou instrument de propagande tels sont les tableaux représentant les paysages d' Italie du XVIIème, les vues de Rome de Camille Corot, les scènes algériennes d'Eugène Delacroix . 

-peinture sociale : ce genre se développe surtout au XIXème siècle avec la description de la  misère paysanne illustrée par les premières peintures de paysans de Vincent Van  Gogh et les laboureurs de Rosa Bonheur ou les revendications ouvrières ou sociales avec ce tableau poignant de Francisco Goya:


Francisco Goya: les fusillades du 3 mai (1814)
Madrid:  Musée du PradoAjouter une légende

ou encore "la liberté guidant le peuple" de Delacroix, mais aussi avec l'illustration de scènes quotidiennes, chères aux impresionnistes, comme ce plongeon de Gustave Caillebotte.

                                      

                                            
                                                               Gustave Caillebotte: 1848-1894 : le plongeur
                                                                Musée d'Agen - cliché Thierry-Daniel VIDAL
                                    
Mais aussi avec Guernica (1937) de Picasso, la peinture de genre devient un formidable outil de communication pour interpeler et sensibiliser le public aux grands problèmes de société, avant que la photographie et le reportage ne prennent le relais.

dimanche 24 novembre 2013

origines et évolution de la "nature morte"


En Europe, les premières représentations peintes d'objets et de plantes qui soient parvenues jusqu'à nous, datent des fresques gréco-romaines.
(les fresques  égyptiennes représentant des objets familiers dans le culte des morts sont cependant bien antérieures).

C'est avec la peinture des retables d'église, qu'apparaissent des objets ou des fleurs ayant une signification symbolique à côté des personnages dans les compositions religieuses: fleurs pour la pureté, vaisselle, gobelet, fruits et nourriture pour la charité...
En 1490, Hans Memling peint de petits tableaux de vase et de fleurs ayant déjà une pure fonction de décoration.
En 1520, Joes Van Cleve, représente une riche corbeille de fruits avec grenades en premier plan de sa "Sainte Famille".
Ce genre se développe à partir du XVIème siècle dans les pays du Nord de l'Europe, avec l'essor de la Botanique, de l'étude des plantes et de l'imprimerie.... 

     Dürer Albrecht: Grande étude d'herbes, 1503, aquarelle et gouache
                                            Albertina, Vienne

et de la peinture profane. L'alchimiste suisse Paracelse qui étudie les vertus médicinales des plantes,  les collectionne dans un  herbier et s'emploie à les décrire minutieusement. Des artistes, comme Albrecht Dürer, se mettent à dessiner  les plantes avec la précision du botaniste et  à les représenter ensuite sur leurs tableaux en sujets isolés (exemple ci-dessus).

On s'accorde cependant à attribuer au Caravage (1573-1610) l'épanouissement et la démocratisation du genre de la nature morte, lui qui peignait avec autant de soin et de réalisme une corbeille de fruit ou une peinture de dévotion.
Les artistes hollandais des XVIème et XVIIème siècles réalisent de magnifiques tableaux de fleurs rares comme les tulipes et les iris aux coloris chatoyants, alors récemment importées aux Pays-Bas. Une façon de  conserver beaucoup mieux que dans un herbier des plantes rares et périssables!
                                  
                        Jan Brueghel dit De Velours et Hendrick Van Balen: Allégorie  de la terre (XVIème)
                                                    copyright Ville de Nice, Photo Muriel ANSSENS

Sur cette "Allégorie de la terre", sont représentées très fidèlement de nombreux feuillages, fleurs et fruits avec la précision du botaniste. Les représentations de corbeilles de fruits, les paniers de poissons, les gibiers et victuailles  avaient pour but de témoigner de la richesse de la table et d'attiser les gourmandises.


œuvre aujourd’hui attribuée  à Bartholomeus Assteyn
Musée d'Agen- cliché Philippe LAINé



 
 Jean-Baptiste Chardin: le panier de pêches et de raisins 1759
  Rennes Musée des Bx-Arts/RMN/Jean-Manuel Salingue 

Plus tard, la nature morte macabre dite "Vanité" représentera systématiquement un crâne trônant aux milieu des fleurs ou des objets, pour rappeler la nature périssable de toute chose et rendre évidente leur absurdité.

Bien que considérée comme un genre mineur, la nature morte se développa beaucoup par la suite pour plusieurs raisons, car c'est une:
-peinture d'observation d'objets familiers de petits formats et de prix raisonnable
-peinture d'atelier pratique à composer et à peindre (à plusieurs) dans les écoles de peinture
-peinture de décoration, surtout à base de bouquets de fleurs ou de fruits de différents coloris, appréciée dans les intérieurs bourgeois du XVIIIème jusqu'à nos jours.



                               Fantaisie d’artiste de Pierre Hubert Subleyras (1699-1749)
                                                    "musée des Augustins Toulouse

Ce tableau de Subleyras qui est la seule nature morte connue de cet artiste, est en fait une allégorie des cinq sens. Les 3 plâtres représentés pourraient vouloir assimiler ce tableau à une "vanité".



              
                       anonyme- collection particulère    dans le style d'Edouard Manet 


 
Prosper Rotge (1895-1969) -Nature morte au pichet
collection particulière

Cette nature morte de Prosper Rotge est exécutée dans le style de Cézanne et de ses fameuses compositions de pommes.

                         

                                  Nicolae Grigorescu:   “bouquet de fleurs claires dans un vase"
                                                             Musée  d'Agen  clichés Thierry-Daniel VIDAL

vendredi 1 novembre 2013

évolution du paysage


Les premières peintures de jardins et de paysages d'Europe décoraient déjà les murs des villas de Pompéi au Ier siècle avant J.C. Mais elles n'ont été redécouvertes qu'au XIXème siècle et n'ont pas pu avoir d'influence marquante sur l'art européen du paysage.




Prima Porta: villa de Livie (Ier siècle avant J.C.)
Musée National romain

Au XIIIème siècle, apparaissent en arrière-plan des peintures de dévotion gothiques, des petits paysages de convention. 
A la Renaissance, le paysage urbain ou campagnard prend place en arrière plan de la plupart des fresques et des peintures, y compris en arrière plan de célèbres portraits comme ceux réalisés par  Léonard de Vinci ( Vierge aux Rochers)
Mais c'est surtout Albrecht Dürer que la peinture de paysage acquiert son autonomie.


Paysage animé XVIIème siècle
collection particulière


                                              
Camille Corot: Etang de Ville d’Avray (1865) cliché Hugo Maertens
Musée d'Agen



Paysage rocheux de Jean Joseph Bellet (1816-1898)
Musées de Narbonne- Crédit photo Jean Lepage 


Anders Zorn: The church and tower bell in Mora (Sweden)



                         André Derain: Barques à Collioure


Nico KLOPP (1894 - 1930): " Le pont de Remich", 1925 / Huile sur toile / 35 x 47 cm (sans cadre) / Signé et daté en bas à gauche (Inv. 1941-100/253) Copyright: Musée national d'histoire et d'art - Luxembourg





Aujourd'hui, la photo et les documentaires numériques ont mis à mal la peinture de paysage, en livrant sur nos écrans de télévision et d'ordinateur les paysages et reportages du monde entier. Mais il n'en reste pas moins vrai que les besoins de nature,  d'évasion, de rêve ou d'imaginaire restent très forts dans nos sociétés et que les peintures de paysage peuvent encore interpeller et  séduire.