samedi 12 octobre 2013

Albert Marquet (1875 Bordeaux-1947 Paris)

A Pontoise, au musée Tavet-Delacour s'est tenue jusqu'au 16 février 2014 une exposition consacrée aux peintures d'Albert Marquet, le peintre paysagiste de l'eau et des bords de Seine.

                        


le lin et les liants dans la peinture

Les liants utilisés par les artistes peintres pour mettre en œuvre les pigments, depuis les origines de la Peinture jusqu'au siècle dernier, étaient des  graisses animales et moelle des os, résines végétales, cire d’abeille, œufs, caséine du lait, huiles végétales, notamment l'huile de lin.
Lorsque le liant est trop pâteux pour être étalé correctement, le peintre doit le mélanger avec un diluant. Pour la peinture à l’huile, il utilise principalement aujourd'hui de l’essence de térébenthine ou du White Spirit  .
En revanche, la gouache et l’aquarelle sont des peintures dites « à l’eau » car leurs liants, des gommes végétales, se mélangent bien avec de l’eau, utilisée ici comme diluant, ainsi que les peintures acryliques à base de résines de synthèse acryliques et vinyliques qui utilisent aussi l'eau comme diluant. 

Le développement de la peinture à l'huile est étroitement lié à la culture du lin.

Bien que connus depuis l'Antiquité ce n'est qu'à la Renaissance que la toile de lin (tissée à partir des fibres tirées des tiges de la plante) et  que l'huile de lin  (extraite des graines de la même plante) commenceront à être largement utilisés en peinture.


                            
                                                              


Jan an Eyck: les époux Arnolfini (1434)
huile (de lin?) sur bois
Londres: National Gallery
Plusieurs huiles végétales conviennent pour disperser pigments ou colorants, mais ces huiles doivent être suffisamment fluides et surtout insaturées pour permettre une polymérisation lors du séchage et donc leur durcissement en vernis protecteur.
Les principales huiles utilisées en peinture aujourd'hui sont l'huile de lin, d'oeillette, de carthame et maintenant avec la délocalisation des fabrications en Chine, l'huile de soja!  
 

L'huile de lin  permet une meilleure dispersion et une plus grande fluidité de la peinture. Elle renforce la transparence, la brillance et même le pouvoir couvrant (opacité) des pigments utilisés, y compris des pigments minéraux. Elle peut communiquer au support un aspect lisse qui élimine toute trace de pinceau. Mais elle ne condamne pas l'utilisation des reliefs à la brosse et de l'application de la peinture en pâte épaisse au couteau si l'artiste le désire, si l'on prend soin de charger la peinture avec un épaississant (talc, craie, plâtre...).

On attribue à tort ou à raison à Jan van Eyck ( 1330-1441) la découverte de la peinture à l'huile. Auparavant, les artistes peintres peignaient "à fresco" sur plâtre frais ou bien "à tempera à l'oeuf " sur des panneaux de bois.
Il est vrai que la technique de l'huile ne s'épanouit qu'à la fin du XV ème siècle avec la découverte des agents siccatifs qui accéléraient plus ou moins le séchage de l'huile, à partir de Raphaël en Italie et de Rubens en Flandre.
A peu prés à la même époque les artistes peintres abandonnent les panneaux de bois pour travailler sur les toiles de lin. Ces dernières se roulent  ou s'empilent aisément et le transport des œuvres achevées en est facilité. 
Les peintres impressionnistes ont renouvelé la technique de la peinture à l'huile grâce à la découverte industrielle de nouveaux pigments organiques et la mise au point de nouvelles couleurs. Ils ont quitté l'atelier pour peindre la nature directement "in situ" sur le motif, grâce aux tubes de peintures en alliage d'étain facilement transportables et aux lignes de chemin de fer! La découverte récente des liants synthétiques acryliques, séchant rapidement, a ouvert aux artistes de nouvelles possibilités, mais n'a pas condamné pour autant la peinture à l'huile.

Et ce qui me parait fondamental: grâce à sa texture et au vernis protecteur créé par l'huile de lin polymérisée, la peinture à l'huile a permis et permet de bien conserver dans le temps le tableau, alors que tempera, fresques et aujourd’hui imprimés ou photos numériques sont beaucoup plus fragiles et ne résisteront pas bien à l'épreuve du temps.


lundi 7 octobre 2013

La peinture européenne des musées de l'Ermitage


Les musées de l’Ermitage de Saint-Petersbourg offrent aux visiteurs venus du monde entier un panorama exhaustif de l’Art Européen du XVème au XXème siècle, et particulièrement de la peinture, au point que l'on pourrait les qualifier de musées d'Europe, d'autant que les peintures d'artistes russes ne sont pas aux musées de l'Ermitage, mais au musée russe.
Ces riches collections d’œuvres d’art ont été  patiemment rassemblées par les Romanov de Pierre Le Grand à Nicolas II (sans oublier Catherine II) et ont pu être ensuite étonnamment préservées des vicissitudes de l'Histoire. Elles permettent de comprendre  en  quelques visites sur place, l'évolution des techniques et des exigences picturales, de révéler  les influences et les modes.
Elles sont exposées de la façon suivante dans les différents  palais de L’Ermitage:

      

Le palais d’Hiver :
 Art français des XVème-XVIIIème siècles
 Art anglais des XVIème-XIXème siècles
 Art de la France et des autre pays européens aux XIX-XXèmes siècles

Le petit Ermitage :
Art néerlandais des XVème-XVIème siècles
Art allemand des XV ème-XXème siècles
Le vieil Ermitage :

Art italien XIVème-XVIème siècles
Le nouvel Ermitage :
Art italien XVIème-XVIIIème siècles
Art espagnol XVème-XIXème siècles
Art flamand XVIIème-XVIIIème siècles
Art hollandais XVIIème-XVIIIème siècles

Cette façon d'isoler par pays d'origine et par salle du musée, les œuvres d'art  européennes parait un peu réductrice,  quand on sait que les artistes et leurs œuvres ont de tous temps voyagé et ont souvent traversé les frontières des pays d'Europe. Les principaux courants artistiques de l'histoire européenne de l'Art: roman, gothique, renaissance, classicisme, romantisme, réalisme et Art Moderne ... ont influencé l'Europe entière par périodes  successives ( avant d'influencer le Monde...).

Voici donc ici rassemblés par période artistique quelques artistes de la peinture européenne que j'y ai particulièrement remarqués (parmi plusieurs milliers de tableaux de qualité!). ( à défaut de vous présenter les photographies de leurs tableaux car copyright oblige!!!).


Renaissance: Sujets religieux, mais aussi mythologiques, perfection du dessin et des formes: Léonardo da Vinci, Caravage, Le Tintoret...


Classicisme, baroque et siècle des lumières:
Scènes mythologiques complexes ou galantes mais aussi intimistes et bourgeoises: Tiepolo, Canaletto, Chardin,
Watteau ...


Impressionnisme: Portraits, natures mortes et paysages où la lumière et l'émotion dominent: Renoir, Cézanne, Monet...


Fauvisme, cubisme et réalisme:
Explosion et violence des couleurs, déclin du dessin académique en réaction et en opposition à la photographie argentique qui se développe: Matisse, Massimo Campigli, Renato Guttuzo...

dimanche 6 octobre 2013

Quand les artistes peintres sont mis en scène au cinéma


Certains artistes peintres à la vie passionnée ou tumultueuse ont inspiré et inspirent toujours les metteurs en scène de long métrages au cinéma ou à la télévision. Les films ainsi produits peuvent être plus ou moins conformes à la réalité historique, certains films sont carrément des fictions tirés de récits romanesques comme c'est le cas de "la jeune fille à la perle " qui met en scène Vermeer de Delft.

Par contre, grâce aux musées et aux grandes expositions  qui en font un bonus commercial, les courts métrages réalisés en Histoire de l'Art sur DVD sont légions, mais peu accessibles au grand public (genèse et thématique d'une toile, biographie d'un artiste, série télévisée comme "Palettes" ...) . Presque tous les artistes impressionistes  sont ainsi immortalisés sur DVD, de Monet à Berthe Morisot...
Mais à ma connaissance nombreux sont les artistes européens qui n'ont pas encore de véritable filmographie, à commencer par Cézanne! 

Voici  à titre d'exemples, quelques longs métrages où Picasso et Van Gogh arrivent en tête par ordre chronologique des réalisations,  mais aussi en nombre de films tournés!




TITRE DU FILMANNEEARTISTE PEINTREMETTEUR EN SCENE




Le mystère Picasso1956PicassoClouzot
La vie passionnée de Van Gogh1956Van GoghVincente Minelli
Leonard de Vinci1971Leonard de VinciRenato Castellani
Van Gogh1991Van GoghMaurice Pialat
Surviving Picasso1996PicassoJames Ivory
Artemisia1997ArtemisiaAgnes Merlet
Goya1999GoyaCarlos Saura
La jeune fille à la perle2003VermeerPeter Weber 
Gauguin2003GauguinMario Andreacchio
Modigliani2004ModiglianiMick Davis
Edvard Munch, La danse de la vie2005MunchPeter Watkins
Klimt2006KlimtRaoul Ruiz
Les fantomes de Goya2007GoyaMilos Forman
Rembrandt: la ronde de nuit2008RembrandtPeter Greenaway
Seraphine2008Seraphine de SenlisMartin Provost
Brueghel le moulin et la croix2011Brueghel l'AncienLech Majewski
Renoir2012RenoirGilles Bourdos 



vendredi 4 octobre 2013

Chaine télévisuelle européenne

La chaîne de télévision franco-allemande Arte est un modèle à suivre pour faire vivre une chaine de télévision européenne à vocation essentiellement culturelle.
Il est assez surprenant que cette chaîne n'existe pas encore! La pluralité des langues parlées en Europe est souvent avancée pour condamner toute initiative en ce domaine, mais images et musiques sont aujourd'hui perçues mondialement, et elles seraient a fortiori pour les Européens si les programmes diffusés concernaient l'Europe en priorité. La langue  des textes et commentaires (si nécessaires soient-ils) pourraient être laissée au choix du téléspectateur (1)
Mais de nombreux reportages musicaux : concerts, chansons, folklore, ballets  et de nombreux reportages photographiques: architecture, patrimoine, arts plastiques contemporain ou non, mode se passent assez bien de commentaires.
Les émissions de cette nouvelle chaîne permettraient de mieux faire connaître les différents pays de l'Union Européenne sur les plans géographique, culturel,  économique et pourquoi pas touristique?
Un CSA européen veillerait à ce que chaque pays ait un quota de diffusion approprié.

Intéressant non? Alors à quand Europarte?  Et pourquoi donc nos députés européens n'en ont jamais osé et tenté l'expérience?




(1) traduction préalable par clic informatique

lundi 30 septembre 2013

Venise, Bruges et Nuremberg, les premiers marchés des pigments et colorants




Un pigment (minéral ou organique) doit être d'abord finement broyé et nécessite l'emploi d'un liant pour se fixer sur un support ( bois, toile, papier, carton). Il peut être naturel ou synthétique aujourd'hui.
Un colorant est soluble dans l'eau ou dans un solvant. Il peut se fixer seul sur le support. Les matières colorantes sont le plus souvent des substances organiques naturelles ou synthétiques aujourd'hui.
Les pigments et les colorants sont donc classés d’après leur nature chimique (minérale ou organique) et leur origine (naturelle ou synthétique) . On distingue donc aujourd'hui les 4 familles suivantes, :
1/pigments minéraux naturels
On trouve dans la nature des terres (argiles et sables) de couleurs (jaunes, ocres, vertes ou rouges), notamment à Roussillon dans le Vaucluse. Leur coloration est due à la présence d’oxydes de fer, mais aussi les marbres et la craie de couleur blanche ou crème,  et de nombreux cristaux et minéraux de différentes couleurs:


-jaune, orangé comme l'orpiment et le réalgar ( sulfures d'arsenic),
-rouge comme le minium (oxyde de plomb) et le cinabre (sulfure de mercure)
-bleu des pierres précieuses comme la turquoise, l'azurite ou le lapis lazuli
-vert comme la malachite
-brillant comme l'or et l'argent

Quelques uns de ces minéraux plus ou moins disponibles dans la nature ont été utilisés dés l'Antiquité, et pratiquement tous dés le Moyen-Age. Certains étaient aussi chers que l'or comme le lapis lazuli originaire d'Afghanistan qui vit son prix multiplié par 10 à la Renaissance, par suite d' un embargo turc. L'azurite ou bleu d'Allemagne était plus accessible en Europe du Nord. D'ailleurs à cette époque, le marché et le prix européen des pigments et colorants se faisait exclusivement à Venise, Bruges et Nuremberg.
Les pigments minéraux doivent être finement broyés pour être utilisés en peinture. Les terres, elles, sont extraites, tamisées, lavées et éventuellement cuites pour en modifier la couleur  exemples : terre de Sienne, terre de Sienne brûlée, terre d’ombre, terre d'ombre brulée.


   



turquoise et malachite 

2/ colorants  naturels
Les Phéniciens et les Romains utilisaient un colorant violet tiré d’un coquillage (murex trunculus) pour teindre leurs toges et leurs vêtements.

Le Kermès ou carmin de couleur rouge est tiré d'une cochenille parasite du chêne. Il faut plus d'un kg de ces insectes pour obtenir 10 grammes de colorant.
A la Renaissance, on cultivait à Toulouse, Albi, Lavaur...une plante qui permettait de produire un colorant bleu, le pastel. Les cocagnes ou boules de pastel étaient alors exportées dans toute l’Europe.  Dés le 17eme siècle, le pastel toulousain fut concurrencé par les importations de bleu indigo (extrait des feuilles de l’indigotier) en provenance de l’Inde et par conséquent la culture du pastel déclina fortement.
On peut citer encore l'incarnat de couleur rouge tiré du bois de brésil ou rouge Brésil originaire de Ceylan puis du Brésil, pays auquel il a légué son nom. Le rose de garance qui est extrait d’une racine et a permis de teindre les textiles en rouge vif ( comme les uniformes français de 1870 !).

3/pigments minéraux synthétiques
Les peintres et les enlumineurs du Moyen-Age quelque peu alchimistes utilisaient les pigments naturels mais fabriquaient  aussi dans leurs ateliers différents pigments de synthèse, souvent abandonnés aujourd'hui pour leur toxicité, comme le cinabre ( sulfure de mercure), la céruse ou le minium (à base de plomb) ou les verts de gris à base de cuivre et de vinaigre. A la Renaissance d'autres pigments furent mis au point et leur synthèse fut approximativement décrite dans les "réceptaires", ou recueils de recettes, comme le véritable vert Véronèse (arséniate de cuivre).

Par la suite, les fabricants de peinture ont  réussi à remplacer ces pigments minéraux toxiques et chers par des pigments de synthèse qui se rapprochaient de la couleur d'origine de façon satisfaisante..
Ils sont obtenus par réaction chimique, ce sont en général des oxydes et des sels métalliques. D’ailleurs les couleurs développées servent souvent en analyse chimique à identifier le métal présent : bleus des sels de cobalt, rose et violet du manganèse, jaunes du cadmium, blancs de zinc et de titane. 

L'œil humain pouvant différencier plus de 10000 nuances de couleur différentes, les chimistes ont encore du pain sur la planche...  

                                          

Ce nouveau bleu est d'ailleurs très proche du bleu outremer cher à Klein, mais ce n'est pas celui-là! 

4/colorants synthétiques
La plupart des colorants naturels ont été remplacés par des colorants synthétiques plus économiques et plus variés.
A partir du 19ème siècle, l’industrie des colorants de synthèse connaît un formidable essor. Ainsi la culture de la garance a cédé à la concurrence de l’alizarine de synthèse. En effet, en 1868, la synthèse de l’alizarine (la substance colorante rouge, tirée de la garance) est réalisée par deux chimistes allemands, et cette production est immédiatement industrialisée.( la production atteignait déjà 10 000 tonnes en l’an 1900 dans la seule usine de BASF à Ludwigshafen en Allemagne)...
Ces molécules sont en général obtenues à partir des fractions aromatiques lourdes issues de la pétrochimie ou de la distillation de la houille (benzène, naphtalène, anthracène). On doit ainsi à la chimie la mise sur le marché de plusieurs centaines de nuances nouvelles à des prix abordables.


Emploi des couleurs et de leurs nuances
Les impressionnistes utilisaient largement les innovations techniques de la peinture. Ils se détournèrent des couleurs sombres et des terres naturelles, au profit des nouveaux pigments aux couleurs vives fournis par la chimie. Le carnet de notes d'Auguste Renoir nous permet d’identifier les pigments qu’il a utilisés en 1879 pour peindre "La Seine à Asnières".     
Renoir s’est servi de:
-bleu outremer pour peindre l'eau et ses reflets
-vert émeraude pour les joncs , synthétisé à partir du chrome. (le vert de chrome  remplaça l’arséniate de cuivre, si toxique qu’on l’utilisait alors comme insecticide lors des invasions de sauterelles!).
Renoir emploie également du jaune d’or ou jaune de chrome, obtenu chimiquement dès 1820. Pour les rouges, il utilise le vermillon artificiel et la laque de garance, fabriquée à partir des racines séchées et broyées de la plante. 
La vivacité des coloris des tableaux impressionnistes ou pointillistes est en partie due à l’utilisation de couleurs complémentaires. Les artistes s’inspirèrent de la loi des contrastes simultanés énoncée par le chimiste Eugène Chevreul en 1839. Selon lui, il se dégage une impression d’harmonie lorsque deux couleurs complémentaires sont placées à proximité l’une de l’autre. Elles semblent alors beaucoup plus vives.
C’est le cas du jaune placé à proximité du violet, du rouge opposé au vert, ou du bleu juxtaposé à l’orange, comme on le voit dans la Seine à Asnières d’Auguste Renoir.
Plus tard Johannes Itten élaborera une théorie des couleurs beaucoup plus sophistiquée.


composition

On s'accorde aujourd'hui sur la signification symbolique des formes géométriques élémentaires, que se soit en dessin, peinture, photographie ou même architecture: 

Ainsi le carré et  le cube évoquent la stabilité et l'équilibre, si toutefois ils reposent horizontalement sur un côté ou une face.le cercle: plénitude, finalité et perfection
le rectangle étalé: volume familier évoquant le cadre de la maison, du village ou du paysage et donc paix et quiétude
le rectangle dressé: puissance, agressivité mais aussi présence et tonicité évoquant la tour de guet ou le portrait
le triangle horizontal: équilibre et spiritualité
le triangle vertical: instabilité prononcée
les diagonales: profondeur, mouvement, énergie
les lignes courbes : sensualité et harmonie
les lignes brisées: chaos


De plus, le format du tableau (grande fresque ou miniature) est bien évidemment un élément déterminant dans le choix du sujet à représenter.

Mais quand et comment les artistes ont-ils commencé à utiliser ces règles élémentaires de la composition dans leurs tableaux? Sans doute instinctivement depuis l'apparition de l'écriture, mais ce n'est qu'à la Renaissance que les règles précises de  la composition ont commencé à être formulées:

Lorsque le sujet représenté était assez simple, par exemple portrait d'un seul personnage ou paysage minimaliste, les peintres ont très vite su s'appuyer sur une forme géométrique élémentaire pour affirmer leur propre vision du tableau.
Pour des sujets plus complexes,  grandes fresques ou scènes de genre, les peintres ont du exécuter plusieurs ébauches pour mettre au point leurs compositions en sachant plus ou moins  tenir compte des lignes de forces, des plans et des masses.

- lignes de forces: ce sont les 2 lignes horizontales et les 2 lignes verticales qui découpent le tableau en 9 rectangles "équivalents" selon un rapport de distances égal au nombre d'or (1.618). Chacune des 4 intersections de ces lignes de force est un point fort. Le centre du tableau n'est donc pas un point fort et on évitera de placer un personnage ou objet significatif à cet endroit.

-plans : ce sont les différentes zones de l'espace représenté. Ce dernier peut s'étager successivement du premier plan aux plans intermédiaires, puis aux plans lointains pour finir au plan le plus éloigné qui se confond habituellement avec l'horizon ( perspective aérienne)


-masses : ce sont les figures ou les objets significatifs dont les volumes doivent s'équilibrer dans une composition réussie. les artistes évitent donc de placer à une seule extrêmité du tableau tous les personnages et tous les volumes significatifs de la composition, mais essaient de les répartir du mieux possible pour occuper la toile dans son intégralité de façon harmonieuse et de les situer de préférence sur les points forts. Il n'est pas ici question de symétrie, comme en architecture, mais d'équilibre.